L’inflation nous mène à la baguette. Éric Hohweiller, boulanger, en sait quelque chose. Car dans le quartier de la Cité verte à Verdun (Meuse), la hausse des prix de l’énergie frappe durement son commerce. « En 2020, je payais 3,8 centimes d’euro/kWh, et aujourd’hui 15,7 centimes d’euro/kWh [N.D.L.R., hors taxes] », a expliqué le commerçant à l’Est Républicain ce 26 septembre. Résultat des courses : une facture de 2 633,70 € en septembre dernier. « Ma facture de gaz a explosé depuis le début de la guerre en Ukraine », a aussi constaté le professionnel.
La hausse est telle qu’il s’est résolu à augmenter le prix de son produit phare, la baguette, à un euro. Alors pour sensibiliser ses clients, l’artisan a affiché ses factures de gaz sur une pancarte devant sa boutique. C’est qu’il estime que les clients ont besoin de comprendre. À commencer par les habitants de la Cité verte, eux aussi touchés par la cherté de la vie. En 2019, le taux de pauvreté du quartier Centre ville-Cité verte était de 29,3 %, soit deux fois plus qu’à l’échelle nationale.
Seconde difficulté : « Mon contrat avec Engie a expiré à l’automne 2022 a ajouté le boulanger auprès de nos confrères. Je l’ai renouvelé pour deux ans. Les prix étaient très élevés mais j’avais contacté des concurrents sans obtenir mieux. » Aujourd’hui, les prix sont plus bas. Mais il reste lié jusqu’à l’automne 2024. Il paie donc plus que ce qu’il pourrait payer actuellement. Dans le même temps, la fédération départementale des boulangers a incité à signer des contrats d’un an pour être plus souple face à l’évolution des prix.



