Après les violences à Jérusalem-Est, l'escalade de violence entre Israël et le Hamas

Le groupe armé a tiré des centaines de roquettes vers Israël, qui a bombardé la bande de Gaza, détruisant une tour de dix étages.
Correspondant à Jérusalem
La révolte des résidents de Jérusalem-Est se répand comme une traînée de poudre. Elle a débouché sur une confrontation de forte intensité entre le Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, et l’État hébreu. Le duel militaire à distance entre les branches armées du Hamas, du Djihad islamique et l’armée israélienne a rythmé la nuit à Gaza et dans le sud d’Israël puis la journée, sans perspective de désescalade. Il a mis fin à une année de calme relatif. Au total, au moins 35 personnes ont été tuées depuis lundi dans des frappes israéliennes sur l’enclave de Gaza, dont 12 enfants, en plus de 230 blessés, selon les autorités locales. Un Palestinien a en outre été tué par balle en Cisjordanie, et un Arabe israélien à Lod. Et cinq Israéliens ont été tués, et des dizaines d’autres blessés, dans des tirs de roquettes en provenance de la bande de Gaza.
L’organisation islamo-nationaliste a expédié mardi soir une salve de roquettes sur Tel Aviv après la destruction par l’aviation israélienne d’une tour résidentielle de plus de dix étages à Gaza. Une première depuis la guerre de 2014. C’était pour les maîtres de l’enclave palestinienne une ligne rouge. Ils ont décidé de viser les gratte-ciels de la capitale économique d’Israël. Après avoir tiré quelque 150 missiles sur Tel Aviv, le Hamas a annoncé dans la nuit de mardi à mercredi une nouvelle salve de 200 roquettes. Le Djihad islamique, deuxième groupe armé palestinien de la bande de Gaza, a revendiqué de son côté avoir tiré 100 roquettes. Les sirènes ont retenti durant quinze minutes et l’aéroport Ben Gourion, la principale voie d’accès pour Israël, a été fermé. Les habitants se sont réfugiés dans des abris ou des cages d’escaliers. Tous les tirs n’ont pas été interceptés par le système de protection israélien. Un bus a été carbonisé à Holon, dans la banlieue de Tel Aviv et son chauffeur grièvement blessé. Une femme est morte dans le sud de Tel Aviv.
Les tirs de roquettes depuis l’enclave palestinienne et la riposte israélienne, par des bombardements ciblés, éclipsent les affrontements dans des villes israéliennes à forte population arabe. Les heurts sporadiques opposant la police à des jeunes Palestiniens se poursuivent la nuit dans la Ville sainte. En parallèle, des manifestations souvent violentes se déroulent dans le secteur arabe israélien. Elles déchirent un tissu multiculturel déjà abîmé.
À Lod, ville mixte – 77.000 habitants, dont 47.000 juifs et 23.000 arabes – située en banlieue de Tel-Aviv, où des émeutes ont éclaté lundi soir, un membre de la communauté arabe a été abattu par un Juif israélien. Le premier ministre Benyamin Netanyahou y a décrété l’état d’urgence mardi soir. «Des émeutes de grande ampleur ont éclaté du fait de certains résidents arabes, mettant en danger les habitants», a indiqué la police dans un communiqué. «Des véhicules ont été incendiés et des biens ont été endommagés». D’après des médias israéliens, trois synagogues et plusieurs commerces ont également été brûlés. Selon un photographe de l’AFP, Benyamin Netanyahou s’est lui-même rendu sur place, mercredi dans la nuit, pour appeler au calme, alors qu’un fort dispositif de sécurité se mettait en place dans cette ville qui jouxte l’aéroport international Ben Gourion. Des scènes de violence ont aussi eu lieu dans d’autres localités arabes israéliennes, comme à Acre ou Wadi Ara (nord), ou Jisr A-Zarqa, près de Haïfa, où huit personnes ont été arrêtées, selon la police.
Déclenchement
L’évacuation, lundi matin, à quelques jours de la fin du mois de ramadan, de l’esplanade des Mosquées, a servi de catalyseur. Plus de 300 fidèles ont été blessés. Certains étaient venus simplement pour prier et d’autres pour exprimer leur colère contre la venue annoncée, puis annulée, de pèlerins juifs le jour de la célébration de l’anniversaire de la prise de Jérusalem-Est par l’armée israélienne durant la guerre de 1967.
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