Le député LFI Rodrigo Arenas veut abroger le texte interdisant l'abaya à l'école

Benoîtement approuvé par Najat Vallaud-Belkacem, ancienne ministre de l’Éducation nationale, l’Insoumis Rodrigo Arenas, fraîchement réélu, dit être favorable à la suppression de la circulaire sur l’interdiction de l’abaya à l’école, presque un an après sa mise en place par Gabriel Attal. Et ce, alors que le sujet pose de moins en moins problème. Riche idée !
Est-ce franchement utile de rouvrir ce débat clivant et de faire fi de ce qu’ont demandé les chefs d’établissements scolaires, premiers concernés ? Lors d’un débat télévisé sur BFMTV lundi 8 juillet, Rodrigo Arenas, réélu député dans la 10e circonscription de Paris dès le premier tour des législatives sous l’étiquette LFI-NFP, a manifesté son intention de supprimer une circulaire administrative prise par Gabriel Attal le 31 août 2023 interdisant le port de l’abaya (longue robe traditionnelle couvrant le corps pour les femmes) à l’école.
Assise à ses côtés et questionné sur ce même sujet, l’ancienne ministre de l’Éducation socialiste Najat Vallaud-Belkacem a benoîtement approuvé du chef : « Je suis assez d’accord avec ce que dit Rodrigo Arenas. Sur les questions d’éducation, il faut revenir à la raison » a-t-elle dit.
Ce texte réaffirmant la loi de 2004 sur l’interdiction des signes religieux dans les établissements scolaires a pourtant porté ses fruits : le nombre d’atteintes à la laïcité résultant du port de signes et tenues manifestant ostensiblement l’appartenance à une religion « a baissé », selon le ministère depuis le mois de novembre.
Lors d’un récent colloque sur l’anniversaire de la loi de 2004, Florence Delannoy, proviseure du lycée Montebello à Lille et membre du SNPDEN-Unsa expliquait à quel point l’interdiction du port de l’abaya avait été « un vrai soulagement » face à des tentatives de contournement « qui commençaient à prendre une certaine ampleur ».
La multiplication des abayas dans des établissements à partir du printemps 2022 fut « une tentative importante de bousculer la loi de 2004 », estimait Iannis Roder, enseignant et directeur de l’observatoire de l’Éducation à la Fondation Jean-Jaurès. La décision de Gabriel Attal « y a mis fin », disait-il.
De fait, ce sujet fait nettement moins débat, depuis des mois, même si des chefs d’établissements y sont toujours confrontés ponctuellement . Surtout dans les lycées professionnels et avec des élèves majeures comme on a pu récemment le voir au lycée Maurice-Ravel , à Paris.
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